Publié par : anjali84 | 25 janvier 2010

Une salsera en milieu lyonnais

« La danse est le plus sublime, le plus émouvant, le plus beau de tous les arts, parce qu’elle n’est pas une simple traduction ou abstraction de la vie ; c’est la vie elle-même. »
in La Danse de la vie, Henry Havelock Ellis.

Combattons tout de suite une idée reçue : la salsa ne vient pas que de Cuba. Si musicalement, elle y a ses racines, c’est surtout parmi les communautés hispanophones des Etats-Unis qu’elle s’est développée. Elle s’est ensuite étendue à toute l’Amérique latine où chaque pays a apporté son ingrédient à la « sauce ». Son essor en Europe a suivi dans les années 90.

Schématiquement, trois types de danses salsa, correspondant à des musiques un peu différentes, sont enseignés en France. Cependant, ces trois styles reposent sur un même rythme et un même pas de base. Il est donc souvent possible de les mêler, ou d’utiliser la musique de l’un pour en danser un autre.

La salsa colombienne, encore peu connue en France, se caractérise par une grande rapidité notamment dans le jeu de jambes. Les partenaires effectuent peu de passes (ou figures).

La salsa portoricaine se danse sur une ligne : le danseur fait passer sa partenaire d’un côté et de l’autre en lui faisant exécuter des tours et des figures assez spectaculaires.

La salsa cubaine se danse de façon circulaire, les partenaires tournent sans cesse l’un autour de l’autre.

Comme c’est ce dernier style que j’aime le mieux, il est plus facile d’en parler de façon détaillée et enthousiaste.

Cette salsa est une danse de rue, pas de salon. Elle tire ses origines d’autres musiques et danses afro-cubaines (son, guaguanco), ce qui a des conséquences. Ainsi,  tout repose sur le rythme « marché » et très marqué des pieds, le mouvement du bassin et le relatif relâchement des bras, surtout chez la danseuse (le but de son partenaire étant de faire des nœuds et de les démêler ensuite dans le meilleur des cas).

La salsa cubaine peut se danser seul, en couple ou en rueda (ronde de couples dans laquelle on change de partenaires). Dans ce cas, les passes sont codifiées et portent des noms précis comme enchufla, paseala, setenta…. Elles sont relativement simples afin que chacun puisse  participer : une rueda devrait pouvoir être exécutée par des danseurs venus des quatre coins du monde. C’est l’un des membres de la rueda (appelé madre) qui annonce les figures à effectuer durant la danse.

Maintenant que vous savez tout sur la théorie, admirez la pratique : voici la vidéo d’un spectacle monté par mes anciens professeurs de salsa.

La salsa cubaine est très festive, sensuelle, d’accès plus simple que les autres styles. Au bout de quelques cours on peut facilement sortir en soirée et trouver du plaisir à danser. Cette joie qu’apporte la danse est à la fois ce qu’il y a de plus important (si on ne l’a pas, on arrête vite) et de plus inexplicable. Comment faire comprendre l’impression d’être ailleurs dès que la clave (instrument marquant le rythme) commence, de ne plus se rendre compte des gens autour de soi, de tout oublier même si on est épuisé ?

De plus, à force de déménager, j’ai pu constater un autre avantage : danser la salsa permet d’appartenir à une communauté. Même au fin fond d’un endroit inconnu, si on se rend dans une soirée salsa, on rencontrera forcément des personnes avec les mêmes codes que soi.

Les soirées salsa ne ressemblent pas à celles d’une boîte lambda : l’accès est en général gratuit ou proposé à un prix très bas. A noter : ces soirées ne sont pas exclusivement réservées à la salsa. On y pratique aussi de nombreuses danses caribéennes : bachata, merengue, zouk… On peut tout à fait s’y rendre seul(e), sans avoir de tenue spéciale. En revanche il est mieux, pour pouvoir en profiter, de connaître déjà quelques pas de base. A ce propos, il est dommage que les boîtes salsa lyonnaises ne proposent que rarement des cours avant d’abandonner la piste aux salseros, ce qui est la règle à Paris. Enfin, il faut savoir que les meilleures soirées se déroulent souvent en pleine semaine, ce qui empêche de profiter pleinement des cours le lendemain !

Pour finir, quelques renseignements et liens pratiques à destination de ceux qui seraient tentés. De nombreux sites existent sur la salsa. En ce qui concerne les soirées, stages ou cours à Lyon, le forum salsalyon est riche d’informations. Parmi les endroits prisés par les salseros lyonnais, on peut citer le Ninkasi Gerland, le Road 66, le Gato Negro (testés et approuvés) ou encore le Mi barrio, le Barrio Club (pas encore essayés). Mais il y en a beaucoup d’autres.

Pour se renseigner sur les évènements en  France ou à l’étranger ainsi que pour connaître l’histoire et les caractéristiques de la salsa, le site salsafrance est le plus complet.

La salsa n’est pas une danse aussi technique et complexe que d’autres mais pour bien la danser, il faut la ressentir physiquement et émotionnellement, en somme en tomber amoureux.

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