Publié par : arlotton | 4 décembre 2009

Sortie au Petit théâtre du TNP pour une biblioblogtrotteuse énamourée !

Je sors du Petit théâtre, et j’en ai encore la chair de poule. Je viens d’assister à la représentation de Philoctète, pièce adaptée de Sophocle par Jean-Pierre Siméon, mise en scène par Christian Schiaretti.

J’y suis arrivée à 19h pour voir à tout hasard, s’il restait des places. On m’indique que je peux m’inscrire sur une liste d’attente et qu’il y a des chances, comme je suis la première, que des places se libèrent. J’attends donc patiemment, le lieu est agréable : le Petit théâtre, bâtiment entièrement neuf mais dans l’esprit de l’ancien théâtre du TNP Villeurbanne en rénovation, a ouvert ses portes en octobre 2009. On y trouve à l’étage inférieur une librairie, et un bar pour boire un coup et manger un bout avant les représentations.

Moi, je reste à l’étage et ai soudain le frisson de voir Laurent Terzieff, soi-même, entrer et prendre l’ascenseur, vers les loges, je présume. La groupie que je suis, n’ose rien dire, ravie du privilège d’avoir aperçu le grand acteur. Mais je ne suis pas au bout de mes surprises. J’obtiens une place. J’attends une amie qui ne vient pas, je m’impatiente de ne pouvoir descendre choisir une bonne place : les places ne sont pas numérotées, les premiers arrivés sont les premiers servis. Les hôtesses charmantes me disent que ce n’est pas grave, la salle comporte 250 places et il n’y a ni poteau, ni angle mort. Je rentre, car la salle va fermer : il est 20h. Et là surprise, il reste une place au tout premier rang, la salle est comble pourtant. Pas de scène dans ce théâtre, les premiers rangs sont au niveau du plancher de la scène.

Les lumières s’éteignent et là, nouvelle surprise : le rideau de fer reste fermé et les acteurs jouent devant la scène à quelques mètres du public. Le rideau ne s’entrouvrira qu’à de rares reprises pour représenter la grotte de Philoctète et au final pour l’apparition du dieu Héraclès. Je suis là à deux, trois mètres des acteurs. La pièce se déroule à mes pieds. Philoctète a été abandonné par Ulysse et les Grecs sur une île déserte à cause d’une grave plaie au pied, il a conservé l’arc et les flèches d’Héraclès qui le rendent invincible. Un oracle a parlé : il faut à Ulysse récupérer l’arc pour vaincre Troie. Celui-ci utilise alors l’entremise de Néoptolème, fils d’Achille, qu’il pousse à la ruse et au mensonge.
Laurent Terzieff paraît : il est Philoctète, il ne déclame pas son rôle, sa voix grave et profonde porte. Tour à tour souffrant, haletant, murmurant, s’amusant aussi, il est ce vieil homme têtu et rebelle. A un instant, Laurent Terzieff est à deux mètres de moi, j’en frissonne encore… La biblioblogtrotteuse que je suis en est toute énamourée.

Bien sûr, Terzieff inonde. Cependant, David Mambouch, comédien de la troupe du TNP de Villeurbanne, s’en tire bien, et rend palpable le conflit intérieur du jeune idéaliste.

La mise en scène est minimaliste, les costumes modernes et tous identiques. Tout repose sur le jeu des acteurs et sur un texte moderne et sans fioritures. Il y a des passages où le public retient son souffle et d’autres où il rit, même si cela ne doit pas vraiment être prémédité, tant la tragédie tient le public.

Ce Petit théâtre, rue Louis-Becker, derrière le TNP de Villeurbanne, proche de la place de l’hôtel de ville, devrait bien nous réserver encore d’autres surprises. Courez-y !

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